SBEILTA, en mots de VILLE et de NATURE

Printemps de Sbeïtla 2004/2005
Animé par Catherine Stoll-Simon

 

« J'écris pour me parcourir »….

« Lumière, soleil, Ruines romaines, souvenir, traditions, montagne, vie, étoile, nocturne, mémorable, ému, imaginaire, hospitalier, délivrer, rêver, savoir, manquer….. » : tout commença entre nous par des mots.
Des mots lancés, fusant, claquant dans l'air tiède de la « classe » ou caressant l'espace qui semblait les attendre….Des listes de mots que j'invitais les jeunes de Sbeïla à laisser jaillir sans logique et sans raison apparente….Nous en avons couvert plusieurs pages blanches de ces mots français qui jalonnaient leur imaginaire lorsqu'ils pensaient à la ville, qui, pour la plupart, les avait vus naître…Manière de faire connaissance, de les aider à installer leur paysage. Ne s'agissait-il pas d'écrire ? Exercice qui supposait, à mon sens, un indispensable préalable : celui de « mettre à l'abri toutes les images du langage et se servir d'elles, car elles sont dans le désert où il faut aller les chercher » comme le dit Jean Genet, en exergue à « Un captif amoureux ». Ensemble, pendant près de deux heures, nous avons exhumé ces mots afin que, plus tard, des images puissent naître.
Préparation savante à l'accouchement… Une fois les mots apprivoisés, Nour, Mohamed, Samar, Iljia, Saoussen, Sabrine, Rachdi, Khadija et Naijem ont écrit Sbeïtla à leur façon. Poème, correspondance, petit récit, dialogue, chacun alla vers la forme qui correspondait le mieux à sa sensibilité du moment.
Sentir cette forme émerger et l'aider à sortir du silence comme une sculpture sort du marbre, transformer les maladresses, proposer des rythmes et des harmonies sans pour autant trahir la singularité de l'expression personnelle: mon rôle se limita pendant trois jours à écouter, soutenir, rétablir et inciter à dépasser l'expression ordinaire pour parvenir au plus intime de soi. « J'écris pour me parcourir » déclarait le poète Henri Michaux.
Voici donc les « parcours » de ces trois jours comme autant d'invitations à un voyage vers Sbeïtla….

>> Catherine STOLL- SIMON
 

La Généreuse…

Sbeïtla, toi la source de ma vie,
Mon enfance tout entière, creuset de mes aventures et de mes rêves.
Sbeïtla la Généreuse, tu m'as offert beaucoup d'amis.
Toi, la terre où je suis née,
Là où mes songes s'enracinent et se déploient…

>> Nour El Houda Derbeli
 

Pourquoi ...

Pourquoi la vie à Sbeïtla est-elle un trésor ?
Pourquoi l'homme cherche-t-il toujours les lieux porteurs d'espoir ?
Pourquoi les étrangers aiment-ils venir à Sbeïtla ?
Parfois je m'interroge….

>> Setta Rachdi
 

Une vieille dame séduisante…

Je me promenais un jour dans les Ruines romaines. Un touriste me croise et la conversation s'engage…
- Vous êtes originaire de Sbeïtla ?
- En effet.
- Parle- moi de ta ville…
- Sbeîtla, je vais t'en parler volontiers car c'est la source de mes souvenirs d'enfance, le seul lieu où j'ai vécu, le refuge de mes secrets.
- Moi, je viens d'arriver, dit le touriste, comme pour s'excuser de ne rien savoir.
- Sbeïtla est une vieille dame. Elle a été traversée par de nombreuses civilisations et a subi bien des influences…
- Et vos traditions ?
- Notre culture, ce n'est pas seulement nos monuments, c'est aussi le couscous qu'on prépare à la maison ou la « jebba » portée par les hommes ou encore le « Malya » dont se parent les femmes.
- Et la nature environnante ?
- Forêts d'arbres géants où s' enroulent des plantes grimpantes, champs dorés, jardins, fontaines et sources, oiseaux gazouilleurs…la campagne alentours te séduira…Et près de Sbeïtla, tu pourras découvrir le Jebel Chambi, le plus haut sommet de la Tunisie….
- Et la population ?
- Des gens cléments et tendres…
- Mais alors tout est parfait à Sbeïtla ?
- Oui, presque. Si, par un coup de baguette magique, on faisait disparaître le brouillard et la pollution…
- Merci, j'ai envie de connaître ta ville.
J'ai poursuivi lentement mon chemin jusqu'à la maison. Sbeïtla, ce soir-là, brillait d'un plus grand éclat…Celui que l'inconnu avait réveillé en mon cœur.

>> Khadija Dhaouadi
 

J'avais huit ans

Il était un matin

Il était un arbre
Il était un arbre de vie
Une brise agitait ses branches légères

A Sbeïtla
J'avais huit ans

Il était un jardin
Ce jardin me tendit ses allées
Jardin, tu me parlais…

Il était un passant puis un autre

Jardin, je te donnai tous les pétales
De mon cœur

Il était une ombre qui grandissait

En silence, elle te dévora.

Il était une nuit

>> Sabrine Saïdi
 

Les mots…

-Qui est mon amie ?
- Qui est le refuge de mes secrets ?
- Qui fait oublier la tristesse et l'ennui ?
- Qui est la source de la bonté et de l'éternel Amour?
- Qui nous donne la liberté ?
- Qui efface jusqu'au souvenir des souffrances ?
- Qui m'encourage à explorer mon âme ?

Les mots en dictionnaires par milliers pour dire la nature
Les mots insuffisants pour écrire merci
à Dieu

>> Khadija Dhaouadi
 

Sbeïtla, le 24 mars 2005
Cher Marc,

Laisse- moi te raconter l'histoire de cet olivier dont le souvenir me revient ce soir.
Cet olivier me parle du passé….Au quotidien il me nourrit. Quand je pleure, il efface mes larmes…A ses côtés, je suis près de mon père et j'entends ses paroles. Arbre étrange qui me ramène toujours à celui qui m'aimait. Nous prenions l'arrosoir ensemble, ma main petite dans la sienne. .. Souvent, je m'abrite près de son tronc. Je cesse alors d'être seule….
ô nature…Refuge et mère.
Ces quelques mots simples t'auront peut- être touché...Toi seul pouvais les accueillir.

Ton amie,
Saoussen Mahfoudhi

 

J'ai volé quelques mots

Et pourquoi les poètes seraient-ils seuls à chanter la nature ?
Elle est aussi ma mère et me donne l'inspiration.
Sécurité. Sérénité. Dans ses bras frais.
La ville et ses usines m'angoissent.
Nature fidèle, qui, jamais, ne trahit. Ta main se tend pour me secourir.
Tes oiseaux abritent des chants de liberté entre leurs ailes
Tes fleurs au parfum de vie qui pousse les stylos à écrire…
Et ton lait m'a nourrie d'émotions.

La nuit, je te cherche dans mes rêves…
Jamais je ne t'oublierai …tu seras mon tombeau.
En lettres d' or, « ma mère- nature » gravée sur mon âme…
Ton lit si doux pour accueillir un cœur un peu fou
D'écriture.

A l'infini, j'ai volé quelques mots.

>> Iljia Missaoui
 

Jardin public

La nature est mon amie
Elle est mon âme aussi
Elle m'accepte comme je suis
Décor de mes souvenirs

Un jour, dans un jardin public
Les arbres aux branches déployées
Gazouillis des oiseaux Fleurs multicolores
Gazon brillant sous le soleil
Une eau clapote tout près

Ce que j'ai compris à cet instant
Chaque chose mérite d'être approfondie

>> Samar Guesmi
 

Bleu

Toujours j'embrasse le bleu
Bleu qui épousa le vert
Ecoutons le vent qui souffle
Souffle le bonheur
Dansons avec les fils du vent
Chantons la mélodie du bleu
C'est le mariage
d' hier d'aujourd'hui et de demain
c'est la fête de l'aube
au bout du cimetière

>> Hélali Mohamed Hosni
 

Chez mon grand- père

Il faut savoir dépasser les apparences…et découvrir le secret de lieux.
J'eus cette révélation, un jour, dans le champ de mon grand-père.

Nous avions été accueillis avec joie. Mais très vite, j'avais eu envie de retrouver le champ où j'avais passé mon enfance. Moment intense d'éblouissement. Des arbres d'un vert lumineux faisaient une ronde respectueuse autour du nouveau visiteur…Un brouillard les caressait. Tapis du gazon qui nous transportait d'un lieu à l'autre. Des fleurs dansaient au rythme des brises légères et du murmure de l'eau.
Le paysage comblait mes yeux.
Au loin, la force d ' une montagne géante. A ses pieds, un ruisseau dont l'eau musicienne clapotait doucement. Parvenus sur ses pentes, nous observions la maison de mon grand- père, devenue soudain bien petite dans le panorama grandiose. Un arbre nous abrita du soleil, le temps du déjeuner. Moutons, chèvres et oiseaux pour toute compagnie, nous sommes restés là jusqu'au coucher du soleil. Soudain, l'or envahit le ciel. Et la nuit, peu à peu, l'effaça.

>> Nour El Houda Derbeli
 

Le droit de chacun

Il y a des gens qui aiment cette ville. A cause des ruines romaines, des jardins, des boutiques…
D'autres la détestent. Trop de pollution. Trop de bruit. Pourquoi toutes les villes du monde sont-elles polluées ?
Pourtant, ma ville est grande et belle. Beaucoup d'étrangers, des Français et des Italiens par exemple, viennent la visiter. Alors pourquoi certains persistent-ils à ne pas l'aimer ? Je me dis parfois que c'est leur droit d'aimer ou de détester. Chacun, après tout, a son point de vue, ses habitudes, ses traditions. D'ailleurs, celles des habitants de ma ville diffèrent de toutes les villes et régions de la Tunisie.
Parfois, je rêve que Sbeïtla soit plus propre et plus verte…elle serait ainsi plus aimée. Et si, en plus, elle se transportait un jour… au bord de la mer ?

>> Nour El Houda Derbeli
 

Toujours la nuit

Sombre de l'aube
Souvent noire de blanc
Je veux être vous
Vous voulez être moi
Et jamais je ne serai toi
Et jamais tu ne seras moi
Toujours il y a du charbon
Toujours la nuit sombre
Car sans noir
Il n'y a jamais de blanc…
Toujours j'aime être là
Au bout de …
Mais…
Entends les paroles de mon cœur
Et chuchote ton nom à la lune
Ferme les yeux…
Et laisse- nous dormir
Avant la tempête de cendres

Poésie, mathématiques de la nature

>> Helali Mohamed Hosni
 

Nœud d'angoisse

La nature, source d'inspiration et de bonheur….mais elle peut aussi nous infliger de terribles blessures.
Un jour, je me trouvai seul dans une forêt ; j'étais resté là longtemps à en admirer l'incroyable beauté…Mais il arrive qu'en un instant le beau devienne laid et le bonheur malheur. Un inconnu surgit soudain de nulle part et m'obligea à le suivre dans un cimetière proche. Effrayé, je me demandais si ma vie allait s'arrêter là dans ce lieu de la mort. Et si tout finissait là, maintenant ?
Mais soudain, sans raisons, je me retrouvai seul.
L'homme avait disparu aussi rapidement qu'il était arrivé. Tout redevint tranquille et je repris le chemin de la maison. Ai-je rêvé ? Sans doute non car de ce jour, la nature devint pour moi un grand nœud d'angoisse…

>> Naijem Helali
 

Quitter Sbeïtla

C'était un univers de sables, balayés par le vent. L'air était chaud, les dunes se perdaient à l'horizon et les puits souffraient d'une terrible soif. Paysage de rude solitude qui semait la tristesse. Ainsi avions- nous découvert Douz à l'occasion d'une excursion organisée par le Collège.
Et nous étions là, au- milieu de ce vide, marchant en silence. Le soleil s'était couché. Quelques ombres au loin dansaient légèrement sous la caresse de la brise, des mères se penchaient, ramassant leurs enfants…Nous nous somme approchés, nos cœurs dans nos mains. Beauté des oasis qui s'offraient dans la nuit !
Tristesse infinie de quitter l'ineffable paradis. Sahara. Sahara merveilleux.

>> Khadija Dhaouadi
 

Premières fois

Printemps de Sbeïtla
Atelier d'écriture dirigé par Jalel GHARBI

 

Ce que je cache
Pour la première fois
Tu peux entendre
Un secret dans mon cœur
Ecoute ce battement et tu sauras tout
Regarde-moi dans les yeux
Ils pourraient tout raconter
La première fois. Unique.
Ma vie te présentait
L'espoir dans mes mains
Demande-moi
Pour la première fois
Mes mains te diront tout
Car ils pourront t'aider
A tout connaître
La première fois que tu seras roi

>> Jamila Helali
 

C'est la première fois que j'embrasse le bleu
Bleu qui épouse le vert
Ecoutons le vent qui souffle
Souffle le bonheur
Dansons avec les enfants en vert
Chantons la mélodie du bleu
Ce sont les noces d'hier, d'aujourd'hui et de demain
C'est la fête de l'aube
Au bout du cimetière

>> Helali Mohamed Hosni
 

C'est la première fois, la seule fois
Que mon petit rêve haut dans le ciel
Traverse les mers et toutes les rivières
Regarde les fleurs qui remplissent l'univers
La première fois, une fois unique
Tu étais en colère
Mais pourquoi tout ce chagrin ?
Vole haut dans le ciel
Admire les bonheurs de la terre.
Oh ! Laisse-moi vivre la première fois
La dernière fois que
Je voulais être libre, courir derrière le temps
Je voulais guérir et remplir d'espoir mon sourire
La première et la dernière fois
Emporte-moi très haut, là-bas dans l'avenir
Jette-moi dans un paradis vert.

>> Jamila Helali
 

Feu,étoiles, miroir
Mer, éclat
Fond du cœur
Etrangère à
Ma vérité
Mon énigme
Espoir de retrouver le chemin
Dansent les mots, chantent les lettres
La mélodie du bonheur
On navigue toujours sur les plumes
Et sur les palmiers
Laissant les traces des mots
Pour mettre le feu au fond de la mer
Pour que le matin épouse le soir
Et que mes mots peignent une femme

>> Helali Mohamed Hosni
 

Le monde en couleurs
La dernière fois que le
Jaune a pu écrire l'ombre
Le Vert a pu décrire l'aube et le crépuscule
L'Oranger a pu peindre le ciel et la mer
Le Noir a pu a pu admirer toutes les fleurs
Aux dernières couleurs
Le Bleu a pu observer les rues et les chemins
Le Rouge a pu regarder les étoiles de l'univers
Le Violet a pu marcher sur terre et dans les déserts
Et le Marron a pu voyager vers le soleil et vers la lune
La dernière fois est toujours une seule fois.

>> Jamila Helali
 

Je suis toujours faible
J'ai toujours soif
Je suis l'ami de la cendre
Je suis l'enfant des rues
Je suis les choses sans ombre
Je suis la palombe sans encre
Je suis un chanteur sans voix.

>> Mohamed Hosni Helali
 

Une fille qui me ressemble
J'ai vu une fille qui me ressemble
Mais qui était-elle ?
Elle me suivait partout
Elle faisait ce que je faisais
Mais que voulait-elle ?
C'était une fille comme moi
La dernière fois que quelqu'un
Me ressemblait autant
J'étais une fille
Elle était comme moi
Elle était une fille
Moi, j'étais une fille
Car c'était une fille
Pas comme les autres
Et moi qui suis encore une fille
Ce que j'ai vu pour la première et la dernière fois
C'était moi bien sûr.

>> Jamila Helali
 

Aujourd'hui fin de partie
La pitié du feu
Allume la souffrance de l'eau
Entre hier et aujourd'hui
Une centaine d'année
La tendresse de la tempête et
La mélodie du maudit
Obscur le jour
A l'adresse des maux
Au mariage de la vierge et du diable
De l'ombre et du soleil

>> Helali Mohamed Hosni
 

Dans le jardin d'amour
La dernière fois
Dans le jardin d'amour
Là où je m'asseyais toujours
Avec mon bouquet de fleurs
Qui me disaient des mots
Qui faisaient une fureur
Que je cachais avec douceur
C'était la première fois que
Tout passait
Pour passer si vite

>> Jamila Helali
 

Do
La première et la dernière fois
Do, ré, mi, fa, sol, sol
Do, si, la, do, si, la, sol
Ce sont les paroles des oiseaux
Si, la, sol, fa, mi, ré, do
C'est le souvenir
Et il y a encore une symphonie

>> Helali Mohamed Hosni
 

La première fois qu'
Une gazelle si belle m'a donné son ombelle
Une chèvre très maigre m'a écrit une lettre
Un singe si sage lave son linge
Un chien si bien devient mien
Une girafe sort ses griffes
Une poule roule et mange des moules
Un écureuil cueille des feuilles
Un serpent qui ment gaspille son argent
Une souris qui rit dort sur un lit
Une vipère dans l'air se perd dans un verre
Un oiseau si haut vole dans l'eau
Un loup si roux a des poux
C'est la première fois qu'
Une vache mange de la mâche
Une colombe tombe
Un dauphin si fin mange du pain
Un poisson si long fait un rond
Une pie sur le pic sort un pic
Une araignée si avisée est arrivée
Un dinosaure en or est mort
Un cheval si pâle a si mal
Une dinde d'Inde bourlingue
Une abeille si vieille paie une groseille
Un ver vert va vers la mer avec sa mère
Un rat au gala chante la- la- la…
La dernière fois qu'une mouche qui louche prend une douche
Une lionne mignonne se fait maçonne
Un pingouin dans le coin mange des coings
Un dromadaire sur terre vit dans la mer
Une chouette douillette vit dans une chambrette
Une oie en soie a une voix de roi

>>Jamila Helali
 

Bleu, blanc et noir
Fleurs rares
Coulant sur le miroir
Bleu a épousé Blanc
Blanc ne peut vivre qu'avec Noire
Noire aime être ombre
L'ombre ne se trouve que dans l'ombre.

>> Helali Mohamed Hosni
 

La première fois que je lui ai parlé, j'ai oublié qui j'étais. Il n'y avait plus aucune obscurité et la langue est devenue un vieux jeu. Nous avions fait une autre langue constituée de cinq lettres : A.M.O.R.U.

>> Helali Mohamed Hosni
 

La première fois que je suis entré là
Cendre au bout de la route
Arbres tout tristes
Troncs peints en rouge
Les oiseaux sont partis
« Merci pour votre tendresse »
Pluie de larmes
Chansons de rires
Vagues de vent
Vent qui souffle
Souffle le bonheur des corbeaux
Je suis entré dans le champ du diable pour
La première fois.

>>Helali Mohamed Hosni
 

La première et la dernière fois

La première fois que je vois un paradis
Où il y a des couleurs
Qui déchirent la beauté
Le bleu, le jaune, l'oranger, le blanc
Le vert, le gris, le rose et le mauve
Tout cela pour décrire des souvenirs
Gravés dans le passé et dans l'avenir
La première fois que
Au fond, là-bas, il y avait
Un palmier si grand, des cataractes si fortes
Une grotte profonde dans des zones de l'aube
Des eaux fraîches qui poussent à la pêche
Des pierres pour bâtir un pont
Pour qu'une femme puisse y passer
Elle qui est peinte pour pouvoir vivre
La première fois que je vois
Une femme qui vit dans un tableau
Ravissant tableau de mots
Elle a une jarre à l'épaule
Elle tient le monde entier dans ses mains
Une femme et un regard profond
C'était la première et elle sera la dernière

>> Jamila Helali
 

La première fois est toujours une dernière fois

J'ai pris mon cœur
Me suis dirigée vers la mer
Large et grand univers
Mer en colère
La première fois
Les vagues nagent sans larmes
O joie de l'âme !
Les barques rament
La première fois
Nouvelle vie, présence nouvelle
La première fois
Loin des murs et des maisons
Seule, avec fleurs et couleurs
Et toujours la mer
La première fois est toujours une dernière fois

>> Jamila Helali
 

Cadavre exquis La grosse gazelle écrit au hasard Le stylo tolérant pleure de joie La plume avare picote le tas de pierre Le hibou triste marche sans peur La femme maigre casse le nuage

>> Jamila Helali et Mohamed Hosni Helali
 

Poème à deux mains

- Sais-tu le désert ?
- Bien sûr il donne sur la mer
- La mer autour de l'or ?
- Ce sont les perles du désert
- J'aime beaucoup cette couleur
- Cette couleur dans l'univers
- L'univers c'est ma maison
- Une maison pour chaque saison

>> Jamila Helali et Mohamed Hosni Helal
 








Hommage à Hamido