Coup d'envoi du Printemps de Sufetula

Aux sources de la tolérance


La 7e édition voit grand et ambitionne de jouer, désormais, dans la cour des grands. Intention légitime que cette profession de foi.
Le soleil était au rendez-vous et le spectacle s'annonce à grand déploiement scénographique présenté sur la scène du Théâtre romain, en ouverture du Festival international du printemps de Sufetula.

Ce festival, qui est à sa 7e édition, a la prétention de réussir la gageure de s'imposer sur la scène internationale comme une destination incontournable du tourisme culturel archéologique en Méditerranée. Pour ce faire, M. Adnan Helali, l'initiateur du projet, a mis le paquet et déployé les grands moyens.
Quatre jours durant, la citadelle byzantine vivra au rythme trépidant d'une foule de manifestations qui s'articulent autour de nombreuses expressions artistiques et spectacles de variétés.

C'est en présence des autorités régionales et de l'invitée de marque du festival, la tragédienne syrienne, Mouna Wassef, que le coup d'envoi de la parade intitulée Le message de Grégoire, le dernier patrice ou souverain à régner sur ces vastes contrées christianisées, a été donné. Les gradins du théâtre grouillaient d'une foule cosmopolite venue se requinquer aux sources de la tolérance, de la paix et de l'amour du prochain; des valeurs hautement significatives qui se perdent aujourd'hui, mais que la Tunisie a fait siennes.

La scène très vivante était animée par des jeunes (comme des éphèbes) vêtus en légionnaires byzantins avec des boucliers et des casques, tandis que les filles, dans un clin d'œil à l'environnement, fleurissaient en volubilis et en hortensias.

Sans fausse note, le spectacle a séduit, et le public a apprécié la qualité technique et artistique du travail présenté.
Les airs d'Opéra, Madame Butterfly de Pucini chantés par Kristyna Hadjieva et joués à l'orgue par Tatiana Stancheva, deux grandes artistes bulgares ont soulevé un tonnerre d'applaudissements. Le même accueil a été réservé à un ensemble sénégalais de danses africaines qui a subjugué l'assistance avec une chanson très poignante, Gorée et Zanzibar en souvenir de ces deux îles de l'Océan indien et de l'Atlantique, de triste mémoire, réputées dans le passé pour avoir abrité les esclaves en partance pour l'Europe et l'Amérique.

L'orchestre folklorique de Brahim Bahlou a plu et charmé avec le répertoire du terroir, notamment avec un poème composé pour la circonstance Al Qaws en référence à l'arc de triomphe de Sbeïtla. Ecrit par une professeur de français, Salwa Rachedi, prix du Crédif en 2004 en poésie arabe, il a mis en relief la richesse du patrimoine de la ville.
La poésie était également à l'honneur avec des poètes venus d'Algérie, du Maroc et de Libye.
Les ateliers ont démarré avec celui consacré à l'image et le son «Du numérique au multimédia», dirigé par un professionnel de la photo, lauréat de plusieurs pays, Ramzi Dérouiche.
Il a compris l'intérêt de miser sur les technologies de pointe que sont l'image et le son, des technologies où se mêlent innovation et créativité, animation et interactivité, réalisme et originalité.

De même, l'atelier de poésie française avec Diane de Chaubrun, fille de Charles Chaubrun, une habituée du festival, ancien ministre français dans le gouvernement de Georges Pompidou, sous le Général de Gaulle. A propos de son atelier, elle précise : «Le nombre de mes élèves n'est pas très élevé si on le comparait à l'atelier de poésie arabe.
Toutefois, je suis pleinement satisfaite du rendement de mes élèves. Ils sont doués et ont du talent. Leur motivation me stimule et me donne des ailes.
Passionnée d'archéologie et de poésie, Diane projette de s'installer définitivement à Sbeïtla où, dit-elle, elle a trouvé sa raison de vivre et un sens à son existence. Ce jour là, le sujet de son atelier était le combat pour la paix en Irak et la création d'un Etat palestinien. Il avait pour titre : La Mésopotamie, berceau de l'humanité sera inéluctablement demain le cercueil de notre humanité».

©La Presse.tn | Adel LATRECH La source
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